Le rôle des Standards

D'après un texte de Jacques ARNOLD

 

 

 

A la base de la sélection de la plupart des espèces d’animaux domestiques, la préoccupation majeure a été le choix d’un type morphologique. Il s’est ainsi créé pour chacune d’entre elles, au cours des ans, des groupes de population caractérisés par des types de base de plus en plus tranchés les uns des autres.

 

Pour le situer dans le temps, c’est au cours du 19e, et plutôt sur sa fin en ce qui concerne le lapin, que le concept de race et la notion de standard se précise.

Image ouvrage de Meslay
Première page du livre d'Eugène MESLAY      Ouvrage à l'origine des Standards modernes

 

Ainsi, toute race d’animaux domestiques possède des caractères apparents qui lui sont propres, et qui en font un ensemble isolé du reste de l’espèce à laquelle à laquelle elle appartient. Ces caractères morphologiques dits de race sont décrits dans ce qui nommé le Standard de la race. Ces caractères sont évidemment reproductibles pour justifier l’existence même de la race.

 

Il est facile de se rendre compte que les textes des standards traduisent dans chaque modèle décrit les manifestations apparentes de la sélection diversifiante accomplie par l’homme au sein de l’espèce.

 

Pour interpréter correctement un standard il est indispensable d’en saisir ses principales descriptions pour attribuer à chaque point l’importance qui lui revient. L’essentiel étant d’apprécier les limites de variation des caractères raciaux compatibles avec l’utilisation des sujets pour la reproduction.

 

Un standard doit être utilisé comme un moyen de travail, mais ne constitue jamais une fin en soi.

 

Au fur et à mesure de l’élaboration des races, et ensuite selon les impératifs de l’époque, les standards ont évolué, se sont perfectionnés dans leur description, cherchant toujours à tenir compte de l’état présent de la population à laquelle ils s’adressaient, et des desiderata  des éleveurs. Un standard n’est donc et ne peut être immuable dans le temps. Le standard, au même titre que la race qu’il représente, vit et doit toujours avoir pour objectif essentiel d’être un outil de travail pour guider utilement les éleveurs.

 

Cela veut dire aussi, il n’existe à l’échelle d’un pays, c’est–à-dire pour une unité de sélection suffisamment importante de la population étudiée, qu’un standard qui est forcément officiel puisqu’il s’adresse à tous les éleveurs et à tous les experts qui l’exploitent. Il va sans dire que cette notion d’unicité du standard est fondamentale , car s’il n’en était pas ainsi, la notion même de race n’aurait pas sa raison d’être.

 

La mission essentielle de ceux qui ont en charge le suivi des standards et de :

 

  • Fournir aux éleveurs des textes qui permettent de bien appréhender les races.
  • Selon l’état sélectif, décrire des populations bien différenciées, afin d’orienter utilement la sélection. Ce travail de description doit fidèlement traduire la réalité de l’évolution. Cependant, les animaliers membres de la Commission Technique Nationale, s’obligent également à tenir compte de l’histoire de chacune des races et de sa spécificité, afin de maintenir au mieux la diversité.

 

Ce travail peut être aussi à l’origine de certaines orientations. Nous faisons référence ici à l’évolution voulue par les rédacteurs du recueil des standards de 1963 ou l’accent sur le développement des masses musculaires à particulièrement et volontairement été mis en avant. Ces spécialistes avaient compris que les races de lapin devaient se positionner dans un contexte plus global.

 

Les standards ne constituent ni un mythe, ni le résultat de manifestations affectives ou à visée purement esthétique. C’est au contraire une réalité pratique qui représente pour les éleveurs de lapins de race un outil de travail de choix. C’est pour renforcer cette notion de service aux éleveurs que les dernières éditions du standard français présentes  des extensions zootechniques. L’ouvrage français s’est montrée précurseur dans cette orientation.